• BIENVENUE A LA CHAPELLE DES BUIS

    Fraternité franciscaine de Besançon (FRANCE)

Ça roule !

La Famille franciscaine à Poligny

La Famille franciscaine à Poligny

Ce samedi 16 janvier, nous étions quelques uns de Besançon, laïcs et religieux à rejoindre la Famille franciscaine au monastère des Clarisses de Poligny pour les vêpres.

Pendant la prière, Laure et Fabrice Girardeau ont fait profession de vie évangélique dans la Fraternité séculière franciscaine. C’est un engagement à vivre l’Évangile dans l’esprit franciscain. Anne Baud, ministre régionale de la Fraternité franciscaine a reçu leur engagement.

La famille Girardeau à Poligny

La famille Girardeau avec sœur Anne-Marie, Anne Baud, frères Max et Vincent

À la fin de l’Office, tous ensemble et à tour de rôle, laïcs, frères et sœurs, nous avons béni la famille Girardeau : Zélie, Timothée, Annouk, Laure et Fabrice,  pour leur grande aventure en Amérique latine. Laure et Fabrice partent avec leurs enfants dans quelques jours pour 6 mois et 6000 km à vélo entre la Patagonie et Lima.

Ils ont réalisé un site sur lequel on peut suivre et soutenir leur aventure.

À leur façon, ils vivront l’itinérance et la rencontre, le dépouillement et la Providence, la fraternité et la confiance.

Bénédiction de la famille Girardeau

Bénédiction de la famille Girardeau

Bonne route à eux. Nos prières les accompagnent.

Pace e bene

Mission itinérante au Havre du 14 au 20 janvier 2013

Nous avions « raté » la Corse mais dans le diocèse du Havre, cette fois–ci, nous y étions« à bon port » !
Mgr Jean-Luc Brunin par l’intermédiaire de nos deux frères ministres provinciaux, Benoit et Dominique avait déjà sollicité les frères itinérants pour une mission dans l’Île de Beauté avant qu’il ne devienne évêque du Havre. L’entreprise alors n’avait pu aboutir puisqu’ entre-temps, l’évêque Jean-Luc recevait sa nouvelle affectation.
Profitant de la grande « ManifPourTous » à Paris le dimanche 13 janvier, je suis parti avant les autres frères itinérants Boris, Vincent et Jean-Baptiste avec le bus de Besançon pour ensuite prendre à Paris, celui du Havre. Ce fut l’occasion de faire connaissance avec P. Didier Roquigny, vicaire général et P. Philippe Erondel, délégué épiscopal à la jeunesse et pour la pastorale des quartiers. Nous commençons alors à visionner schématiquement la semaine missionnaire que nous allons vivre à la paroisse de la Pentecôte où nous sommes envoyés. Le contact entre nous passe bien et nous nous réjouissons de ce qui s’envisage. Cependant, si chacun est confiant et enthousiaste avec ce projet, il est bon aussi d’être mesuré car « rien n’est gagné à l’avance ! ». Nous tentons déjà de repérer le lieu où nous allons opérer- En fait ! C’est surtout l’Esprit qui va « opérer » !
Nous devons accueillir un certain nombre de difficultés d’ordres diverses.
D’abord, le contexte n’est pas des plus favorables au moment où les Havrais apprennent que leurs derniers religieux franciscains les quittent au bout de 115 années de présence. Il y a de la tristesse, de l’amertume qui s’expriment ici ou là… Notre mission serait même à entendre comme une contrepartie que les franciscains se doivent de s’acquitter en raison de leur départ.
Ensuite, l’autre difficulté est à mettre en rapport avec notre style de vie missionnaire. Les paroissiens avec leur curé, P. Maxime de St Pern sont interpelés –pour le moins- par notre « forme de vie » à laquelle ils ne sont pas familiers. Ils comprennent que les frères itinérants voyagent souvent en stop, sont sans argent, habillés « grossièrement » en bure et mendient la nourriture et le logement en plein hiver sous la neige. Rien de bien réjouissant à vue humaine si on se place dans une « sage » logique comptable. Cela peut les amener à penser que les frères quoique « gentils ! » sont quand même un peu « hors-circuits» et que loin de pouvoir porter avec eux une mission, Ils ne seraient au contraire d’aucun bénéfice. Ces frères « originaux » constitueraient plutôt une charge supplémentaire pour la paroisse. Aussi, n’est on pas étonné d’apprendre – en fin de semaine- que des membres du conseil n’étaient pas favorables à notre arrivée.
L’autre difficulté perçue venait de la situation des deux derniers frères restant au Havre. Nous nous devions d’être très délicats avec eux car nous n’ignorions pas ce dont ils devaient supporter au moment de leur départ. Frère Christian considérait que la période était mal choisie pour notre mission et qu’il eut été préférable d’attendre le départ définitif des frères. Frère Marcel, au contraire, qui venait d’arriver à Lille, estimait qu’on n’avait jusqu’ici que trop tardé à y aller et se réjouissait à l’avance que « enfin ! » la mission itinérante au Havre puisse voir le jour !
On pourrait ajouter encore d’autres difficultés comme la météo avec le froid et la neige, le peu de renouvellement de la communauté paroissiale qui vieillit, des zones de nouvelles implantations pas beaucoup touchées ; avec un grand centre commercial et des mosquées… des jeunes qui « zonent » dans les quartiers… Un lycée technique important situé à proximité de l’église du Sacré-Cœur.
Le moment était venu de se recueillir et confier la mission à Celui qui en est l’auteur et le conducteur. Le lancement officiel à lieu le lundi soir. Avec Fr. Jean-Baptiste qui est arrivé dans l’après-midi nous nous dirigeons vers la chapelle pour un temps de prière. Bonne surprise ! La chapelle est bondée de paroissiens et le climat de prière très fervent. Nous sommes présentés par le P. Didier. Nous faisons alors connaissance et échangeons en répondant à toutes leurs interrogations. L’atmosphère jusqu’ici un peu contrite se détend au fur et à mesure des explications et des échanges qui se tissent. Nous sommes assurés alors de leur participation à nos cotés de diverses manières : prière, service, accueil…
C’est alors qu’à la fin de notre intervention, Henri, originaire de Madagascar qui n’avait rien loupé de la soirée vint « passer aux actes » et nous inviter à venir passer la nuit chez lui. Nous acceptons avec joie ! Avec sa femme Henriette que nous rencontrons à son domicile, nous passons une soirée merveilleuse. Comme on le ferait pour un récit de merveilles, Ils nous ont raconté spontanément et dans l’action de grâce leur arrivée en France depuis Madagascar ainsi que toute leur famille avec enfants et petits enfants. Le lendemain, après le petit déjeuner et avant de se quitter, c’est tout naturellement que nous nous sommes mis à prier ensemble.
Nous recevons quelques nouvelles par un sms des frères Boris et Vincent qui étaient partis la veille en stop de Besançon mais avaient du s’arrêter à Paris. Nous décidons avec Jean-Baptiste de sillonner le quartier du centre commercial puis de mendier notre nourriture au lieu dit « la marre rouge ».
Nous faisons de bonnes rencontres : Léa une roumaine orthodoxe qui mendie, puis les habitants d’un immeuble avec lesquels nous échangeons quelques paroles. Nous retournons ensuite à la salle paroissial où nous attend Boris. Vincent n’arrivera que mercredi soir car il est retenu par une réunion du SDV national.
L’après–midi, nous célébrons l’eucharistie entre nous. Puis le soir notre trio, après avoir frappé à plusieurs portes pour mendier un hébergement trouvera finalement « refuge » chez un ancien pilote de chasse, Mr Chrétien, juste après que les premiers flocons de neige ne se mettent à tomber. Là encore, nous passons une soirée dans l’action de grâce. Il y a beaucoup d’émotions pendant le repas à l’écouter raconter sa passion pour l’aviation de chasse. Et pour être plus « religieux » M. Chrétien nous sert du vin maison qui porte son Nom de Famille (C’est marqué sur l’étiquette).
Le lendemain, après les laudes, Je me rends seul au centre-ville à l’invitation de l’évêque qui a réunit tous ses prêtres à un repas festif. Pendant ce temps là, Jean-Baptiste et Boris continuent la mendicité dans la paroisse de la Pentecôte. Mgr Jean-Luc Brunin m’accueille très fraternellement ! Et au moment de l’apéritif, il informe à tout son auditoire, avec une joie non dissimulée, les raisons de la venue des frères franciscains missionnaires. Puis il m’installe à sa table en face de lui et avant de servir le café, je dois encore faire une intervention pour expliquer plus concrètement aux prêtres notre mission. Le message à l’air de bien passer et je suis conquit lorsque frère Christian vient me souffler pour conclure : « Bien Jacques ! »
L’après midi nous allons avec Boris et Christian raccompagner Jean-Baptiste à la gare car il doit rentrer sur Paris. Frère Vincent arrive un peu plus tard alors que nous avons trouvé l’hébergement chez Marthe. C’est une personne bien connue et appréciée de la Paroisse pour ses nombreux services rendus et sa foi chevillée au corps. Comme l’avaient déjà fait Henri et Henriette, elle nous parle longuement de sainte Thérèse. C’est vrai que nous sommes très proches de Lisieux. Nous prions les complies chez elle et avec elle. Chacun des frères à trouvé une place pour le couchage : sur le parquet, sur le divan ou un canapé déplié.
Le lendemain, après le petit déjeuner et la prière des laudes nous poursuivons notre mission dans un lycée technique où nous faisons connaissance avec le directeur, quelques membres du personnel et des élèves. Nous sommes admiratifs du degré d’humanité qui se vit dans cet établissement auprès de jeunes qui sont bien souvent repris en main après des situations d’échec. Poursuivant ainsi notre marche à la rencontre de Madeleine, Arlette, Fernande.. Et combien d’autres encore avec d’autres rendez-vous paroissiaux comme une prière de Taizé, la galette des rois, la messe des jeunes…
Nous constatons une sorte de montée progressive en puissance en voyant combien les personnes qui nous entourent sont partie prenantes et touchées par la grâce missionnaire. Nous sommes accueillis le dernier soir dans une famille angolaise avec beaucoup d’enfants. Nous clôturons officiellement la mission le dimanche matin par une messe d’action de grâce où, avec Boris, je tente de redonner aux paroissiens le meilleur de ce que nous avons vécu et qui pourra les aider à cheminer. Le P. Brunin nous remercie chaleureusement et particulièrement pour le charisme franciscain donné et reçu avec une « audace évangélique » et « avec le cœur ». A l’issue de la messe, Jean-Claude un paroissien nous invite spontanément au repas avec le curé.
L’après–midi, frère Christian nous offre la possibilité d’aller à Orsay. Ce qui nous permet de rencontrer la communauté des frères et des sœurs. Puis, nous rentrons le lendemain à Besançon en stop ! Pas de doute ! À la Paroisse de la Pentecôte l’Esprit à bien soufflé et même très fort ! A nous de hisser les voiles de l’évangélisation ! Que le Seigneur soit bénit !

Un franciscain bisontin aux Jeux Olympiques – Londres, été 2012

Le projet More than Gold a rassemblé à Londres pendant les Jeux Olympiques des chrétiens du monde entier et de toutes les dénominations. Durant plus de deux semaines, des jeunes se sont mis au service de l’évangélisation en s’impliquant dans de nombreux domaines : accueil, service, contact, distribution d’eau ou de café, danse, sport, musique, concerts, arts créatifs, actions pour la justice entre les peuples… Nous chrétiens catholiques étions près de 200 dont 9 frères franciscains venus prêter main forte à nos frères de Londres pour leur implication de premier plan durant ces JO car leur église de Stratford se trouvait être tout proche du Camp Olympique.
Pendant tout le temps des Jeux, l’église St Francis de Londres mais aussi les églises St Anthony et Ste Catherine ont ainsi accueilli des visiteurs venus se ressourcer (le saint sacrement était exposé la journée et le soir différentes veillées de prière étaient organisées) ou bien tout simplement prendre un rafraîchissement voire seulement regarder les Jeux sur grand écran et discuter avec les frères et bénévoles finlandais de Jeunesse en Mission (JEM en français et Youth With A Mission : YWAM en anglais). Jeunesse en Mission est une association chrétienne interconfessionnelle qui offre aux jeunes des possibilités d’engagement et de service pour répondre aux besoins du monde dans lequel nous vivons : leur but principal est, comme ils disent, de connaître Dieu et de le faire connaître.
Nous avons ainsi réellement appris à nous connaître et à nous apprécier mutuellement au service de la même mission. Beaucoup d’entre eux n’avaient jamais vus de catholiques et encore moins des frères franciscains en grand habit. Les moments de fraternité que nous avons vécus ensemble n’en ont été que plus beaux ! L’église catholique d’Angleterre avait donc fait le choix de rejoindre les Protestants et Anglicans, très actifs dans le domaine de l’évangélisation au cours d’événements sportifs et ce depuis les JO d’Atlanta en 1996. Elle a su saisir l’opportunité de se rendre présente auprès des athlètes et des spectateurs pour délivrer un message de paix, d’accueil et de fraternité.
À partir du 1er août, la mission a pris une ampleur beaucoup plus grande encore : près de 200 jeunes venus de toute l’Europe et même parfois au-delà (quelques catholiques indiens et américains étaient là également). Pax Christi International nous a confié son icône de la Paix. Avant de se lancer ces jeunes se sont mis à l’écoute : 4 jours de formation théologique et pastorale sur la mission avec enracinement biblique dans le Livre de Josué, d’où le nom de Joshua Camp donné à ce groupe de missionnaires internationaux.
Chaque jour ou presque, un évêque anglais venait présider la célébration eucharistique pour ces jeunes et les encourager à se lancer dans la mission un peu comme des athlètes de Dieu (l’image de la course utilisée pas saint Paul en 1Co 9 est souvent revenue ainsi que le thème « être porteur de la flamme »). Tous ces jeunes étaient facilement reconnaissables dans les rues de Londres avec leur maillot « More than Gold » couleur bleu-turquoise. Le Catholic Herald retransmet en entier l’homélie de l’évêque de Brentwood invitant les jeunes à se lancer dans l’évangélisation. (Voir l’article)
Le dernier jour, le dimanche de clôture, ce même évêque de Brentwood, Mgr Thomas McMahon, excellent francophone car ayant étudié au séminaire d’Issy-les-Moulineaux, venait présider la célébration eucharistique à la paroisse St Francis avant de relancer la proposition pour les Jeux Paralympiques qui ont lieu dans la même ville du 29 août au 9 septembre 2012.
La mission continue ; qui reprendra le flambeau ?

Mission itinérante à Bruxelles du 16 au 26 mars 2012

Elle mijotait depuis près de deux ans, à l’initiative du frère Benjamin, curé de la paroisse des franciscains du Chant-d’Oiseau à Bruxelles ; la mission paroissiale et itinérante qui s’est déroulée du 16 au 26 mars 2012 a mobilisé près d’une quarantaine de missionnaires frères, sœurs et laïcs de la famille franciscaine venus d’Europe et du monde.
Frère Benjamin au charisme exceptionnel,enthousiaste, joyeux, attentif et fraternel a su fédérer autour de ce projet une équipe et des personnes trouvant leur juste place au service d’une mission commune d’évangélisation auprès des hommes et des femmes de l’Église et du monde dans la ville de Bruxelles où les franciscains sont implantés depuis des années. Le conseil paroissial était mis à forte contribution. Certains membres qui étaient très pris par leur travail professionnel sont allés jusqu’à poser des jours de congés pour se donner entièrement dans cette grande et belle aventure missionnaire. Frère Giacomo Bini, ancien ministre général OFM, venu avec deux frères de Palestrina (Italie) fût d’un grand soutien de par ses responsabilités qu’il exerce au niveau de l’ordre et son animation – tel un coach -réalisée auprès des intervenants durant la dizaine de jours. Les frères franciscains itinérants des deux provinces franco-belge furent très tôt sollicités pour répondre à ce projet d’évangélisation.
Lors de la préparation, les deux parties, l’une étant inspirée par les missions populaires où tout se programme à l’avance et l’autre qui va à la rencontre des gens dans la mendicité, sans rien pré-organiser ont su trouver une marche complémentaire en tirant partie de la différence de l’autre. Il en est ressorti que notre mission se constituait par le souffle de l’Esprit avec « 2 poumons » :

  • Le premier étant celui d’une pastorale paroissiale et missionnaire organisée correspondant aux « missions populaires traditionnelles »
  • et le deuxième étant « la mission itinérante » des frères et sœurs de la famille franciscaine allant à la rencontre des gens en mendiant le nécessaire pour manger et dormir.
    • Le tout étant porté par la prière, celle des missionnaires eux-mêmes mais aussi celle des clarisses de différents pays d’Europe (Belgique, France, Italie..) et ceux qui en avaient particulièrement reçu la charge paroissiale. Doit-on penser que la prière fût particulièrement efficace en ces jours où nous avons eut la joie de côtoyer quotidiennement depuis notre arrivée « frère soleil » qui étendait intensément ses rayons ?
      Pour lancer la mission, les frères avait sollicité votre serviteur ainsi qu’un jeune musicien Bastien (17 ans) pour un spectacle de chansons retraçant l’itinéraire de François d’Assise. La chanson «Allez ! Je vous envoie deux par deux.. » a pu servir de « fil rouge » et lancer la semaine missionnaire. Il y eut dans le même temps un témoignage saisissant et un spectacle de danse réalisé par une religieuse italienne, Anna Nobili qui avant sa conversion était danseuse professionnelle dans les dancing de nuit.
      Après ce temps dynamisant et festif d’envoi, les missionnaires ont rejoint les familles disposées à les accueillir. La population qui fréquente le quartier du couvent de la rue du Chant-d’Oiseau est plutôt de milieu aisé et pour la plupart en charge de fonctions importantes dans la société. Ainsi, Frère Boris et moi avons été accueillis les deux premiers soirs chez un ancien ambassadeur de la commission européenne qui exerça en Afrique. Ce repos confortable dans cette famille prévenante à notre égard était une bénédiction avant les plus rudes conditions qui nous attendaient par la suite.
      Passé ce temps, les frères itinérants se sont retrouvés avec ceux et celles qui désiraient réaliser leur première expérience missionnaire à la rencontre des gens dans la mendicité et dépouillés du nécessaire. Ainsi, deux sœurs FMM flamandes, Hilde et Aline et une sœur FMM africaine, Marie-Louise se sont adjointes à sœur Isabelle, Française déjà expérimentée. Sergio, jeune frère capucin Brésilien en formation à la fraternité Notre-Dame des Nations a voulu lui aussi s’adjoindre au groupe. Nous nous sommes retrouvés au total plus d’une dizaine de frères et sœurs – sur un ensemble de quarante – affectés à la mission itinérante du projet missionnaire paroissial. Il y avait – en plus de ceux et celles déjà cités – les frères Alain de Brive, Jean-Baptiste de Paris et la fraternité de Besançon au grand complet avec les frères Max, Vincent, Boris et Jacques.
      Pour notre organisation interne les sœurs et les frères se séparaient le soir pour mendier l’hébergement. Nous nous retrouvions le lendemain matin pour prier les laudes et reprendre notre démarche de journée ensemble ou en équipe de deux ou trois pour la quête du repas du milieu du jour.
      Dès les premiers temps de notre sortie du couvent, notre groupe a voulu se rendre dans une zone défavorisée de Bruxelles. C’est ainsi que notre petite dizaine, petits sacs à dos et habits religieux s’est rendue visible au dehors en colonne de marche direction le quartier Saint Gilles. Pour s’y rendre nous avions adopté un rythme plutôt détendu pour être disponible à la rencontre et en particulier à celles qui sont suscitées par les gens à notre passage. Traversées des rues, trottoirs de grandes avenues bondées de véhicules, centre ville, quartiers pavillonnaires, gare ferroviaire, places publiques,… la « colonne » progressait dans l’environnement bruxellois comme un seul homme et se posait de temps en temps pour répondre aux interrogations des gens.
      Une rencontre particulièrement marquante a eut lieu le premier jour près de l’église de la Trinité avec N. qui était en détresse morale. Toute en pleur, cette jeune fille venait de s’acheter une bouteille de vodka pour se saouler et tenter de « noyer » sa souffrance. Nous l’avons écouté longuement en la faisant asseoir sur un banc public a proximité. Nous avons tenté quelques paroles et gestes de soutien. En la quittant elle nous a remise sa bouteille et nous l’avons assurée de notre prière.
      L’heure du repas se faisant proche nous avons constitué des équipes de deux ou trois et sommes allés quêter dans le quartier. Rendez-vous était donné au groupe une heure plus tard près de l’église Saint-Antoine. La quête fut fructueuse et après avoir béni la table, ou plutôt le banc sur lequel nous avions disposé la nourriture, nous avons partagé le repas.
      Comme nous cherchions un lieu pour célébrer l’eucharistie, les gens du quartier nous ont indiqué une communauté religieuse à proximité. C’est ainsi que nous avons fait la connaissance des sœurs missionnaires de la charité implantées depuis cinq ans et investies dans l’aide aux personnes les plus défavorisées. Elles servent quotidiennement des repas aux sans abris . Notre joie fut immense car elles étaient heureuses de nous accueillir et de mettre a notre disposition leur chapelle et tout ce que nous désirions encore (toilettes, douches…).
      Les sœurs de mère Thérèsa furent d’un grand appui pour notre mission . C’est chez elles que nous avons en quelque sorte établi notre point de ralliement du groupe pendant la semaine.
      Il y aurait tant et tant à raconter au sujet des rencontres surprenantes qui se sont succédées ensuite. Elles sont toutes plus surprenantes les unes que les autres. Par exemple, un soir que frère Alain et moi étions bredouilles et épuisés dans notre quête incessante d’un logement (que les interphones ne facilitaient guère) un homme est sorti devant nous dans la rue en demandant aux passants « Qui a sonné chez moi ? » puis après lui avoir répondu « Ce n’est pas nous mais nous allions le faire ! » il nous a accueilli et considéré comme ses invités.
      Une autre fois les frères Boris et Alain ont manqué d’être chassé de leur maison à minuit par le propriétaire qui était ivre et ne croyait pas qu’ils étaient des vrais franciscains. Heureusement ça s’est bien terminé après beaucoup de sueurs froides et un mot d’excuse le lendemain….
      Nous pourrions parler aussi de cette expédition dans une école où nous avons réalisés une « évangélisation expresse » pour une vingtaine de classes. Le défi était de passer 10 a 15 minutes dans chaque classe avec un témoignage, une chanson, des récits d’itinérance et les réponses aux questions…. ça faisait un peu « circus’band » dans l’esprit « jongleur de Dieu » mais force était de constater à la mine des élèves, des professeurs et du personnel que notre venue leur procurait une joie non dissimulée.
      Cependant, malgré les fortes émotions que toutes ces rencontres ont suscité en nous, nous tentons de rester les « pieds sur terre » et de nous recentrer et de saisir la véritable importance de tous ces événements.
      Ainsi, découvre t-on dans l’évangile de Luc au chapitre 10 Jésus qui reprend ses disciples revenant de mission tout joyeux de constater que les esprits mauvais leurs étaient soumis. « …Réjouissez-vous plutôt, dit Jésus, parce que vos noms sont inscrits dans les cieux. »
      La recherche de l’avènement du règne de Dieu en se mettant à son service nous fait sentit la joie du don gratuit de Dieu qui se répand auprès de ceux et celles qui sont approchés par ses envoyés. Nous rendons grâce à Dieu pour notre vocation franciscaine où nous découvrons -où redécouvrons- dans cette manière là la grandeur de Dieu qui se dit et se donne dans la petitesse.
      Nous avons clos la mission le dimanche 25 mars avec une messe d’action de grâce qui a rassemblé tous les missionnaires, les paroissiens, les jeunes sous la présidence du ministre provincial des trois compagnons, Fr. Dominique Joly. Notre joie s’est prolongée ensuite avec un repas champêtre magnifiquement préparé par les paroissiens. Dieu soit loué pour toutes ses actions éclatantes !