Homélie du 14 août, 20ème dimanche du Temps Ordinaire – Année C

JE SUIS VENU APPORTER UN FEU SUR LA TERRE

Les paroles de Jésus ce dimanche sont bien dérangeantes alors que nous cherchons lors de cette pause estivale à oublier un peu les tracas quotidiens.

« Je suis venu apporter un feu sur la terre et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé. »

Pas sûr que les pompiers qui luttent contre les incendies apprécient beaucoup ! De quel feu Jésus parle-t-il ? Ne serait-ce pas le feu de la Pentecôte, l’Esprit saint répandu en nos cœurs ? Ce feu qui réchauffe et relève les cœurs brisés, qui redonne vigueur aux esprits abattus ; ce feu qui donne des ailes aux disciples apeurés qui désormais annonceront l’Évangile jusqu’au bout du monde ?

Sommes-nous encore animés de ce feu ? J’ai eu l’immense joie d’accompagner une vingtaine de jeunes en pèlerinage itinérant à Assise. J’ai vu en eux ce feu, leur foi ardente et communicative, leur esprit de service, leur capacité à s’accueillir les uns les autres si différents comme frères et sœurs. Laissons-nous, nous aussi, embrasés par le feu du Saint Esprit.

« Je dois recevoir un baptême, et quelle angoisse est la mienne jusqu’à ce qu’il soit accompli. »

Lorsqu’il prononce ces paroles, Jésus marche vers Jérusalem. Les tensions qui l’opposent aux responsables civils et religieux sont de plus en plus vives. À la suite du prophète Jérémie, la parole de Jésus est incomprise, rejetée, déformée. Ce n’est plus seulement sa parole que l’on rejette mais le prophète lui-même. On veut le faire taire, et tous les moyens sont bons.

Le baptême dans lequel Jésus va être plongé, c’est sa propre mort. Même si l’angoisse est là, prégnante, Jésus ne se dérobera pas. Sa vie est donnée, quel qu’en soit le prix. À la suite de Jésus, bien des disciples vont risquer leur peau ; Avec Paul, ils pourront dire : « Si nous sommes mors avec le Christ, avec lui nous ressusciterons. » Relisant mon parcours, je fais mémoire de ces moments où ma foi a provoqué incompréhensions, rejets, oppositions. Comment ai-je réagi ? Qu’est-ce qui m’a aidé à rester fidèle ?

« Pensez-vous que je sois venu mettre la paix sur la terre ? Non, je vous le dis, mais plutôt la division. »

Alors là, on ne comprend plus ! Comment Jésus peut-il dire cela, lui qui, au matin de Pâques, a pour premiers mots : « La paix soit avec vous » ? Lui qui envoie ses disciples précisément pour être messagers de paix. En fait, quand Jésus dit cela, c’est un constat : sa mission, ses paroles et ses actes divisent ceux à qui il s’adresse, à commencer par les habitants de Nazareth, et même sa famille qui le traite de fou : « Il a perdu la tête ! »

Si vous cherchez d’abord la tranquillité, à ne pas faire de vagues et éviter tout conflit, ne devenez pas chrétiens ! J’ai accompagné des catéchumènes qui ont beaucoup souffert du rejet de leur famille suite à leur conversion. Sans aller jusque-là, nos propres enfants ou petits-enfants nous regardent parfois avec commisération : « Comment peut-il encore croire à ces choses-là ! » Nous souffrons de ne pouvoir transmettre notre joie de croire.

L’Évangile de ce jour nous resitue face à la folie de la croix. S’engager à la suite du Christ n’est pas adhérer à une vague croyance qui ne changerait pas grand-chose à notre vie quotidienne. Plongés dans le baptême à la suite de Jésus, nous sommes invités à le suivre dans sa passion comme dans sa résurrection, à donner notre vie pour nos frères et sœurs en humanité.

Frère Nicolas Morin

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