Homélie du 16 octobre, 29ème dimanche du Temps Ordinaire – Année C

Prier « à temps et à contretemps »

« Quand Moïse tenait la main levée, Israël était le plus fort. Quand il la laissait retomber, Amalec était le plus fort ». Ce récit de la première lecture est délicieux dans sa naïveté. Il faut soutenir les mains de Moïse fatigué. Comme si celles -ci avaient une puissance magique ! C’est vrai qu’une telle pratique de prière risque de nous faire tomber dans la magie. Cela ma rappelle toutes les personnes que j’ai rencontrées qui me demandait un acte magique pour leur enlever d’un coup de baquette  des années de souffrance, d’échec, de non- sens et de vie mal vécue.

Mais ce récit, dans sa naïveté, est un bel exemple d’une prière continue même dans les difficultés. Et il est intéressant de remarquer  que la prière de Moïse est soutenue par la présence d’Aaron et de Hour. Il est évident que sans la prière de nos frères nous risquons vite de nous décourager. Jésus avait la force de se retirer au désert pour prier son Père, mais il savait que ses disciples avaient besoin de prier ensemble. Et avant de partir il leur laissera le rassemblement de l’Eucharistie.  

Ce récit nous amène à la Parabole de l’Evangile  « sur la nécessité de toujours prier sans se décourager ». D’emblée la Parabole nous donne le sens de cette petite histoire.  Et elle met en face à face une veuve, qui est le type même de la personne sans défense dont parle souvent la Bible. Et un juge impie et sans cœur.  Jésus dira : « qu’il ne craignait pas Dieu et ne respectait pas les hommes ». Nous connaissons ce type de juge véreux ! Mais la veuve ne le lâche pas, car il s’agit de sa vie et peut-être celle  de ses enfants.

Mais le « juge dépourvu de justice » va céder à la demande de la veuve, non par une bonté subite ni à cause de Dieu, mais par égoïsme, pour que la veuve cesse de le harceler de sa requête. A partir de cette histoire, non réelle mais vraisemblable, Jésus tirera la leçon. Si un homme comme ce juge fini par écouter une demande pressante, comment, à plus forte raison « Dieu ne ferait-il pas justice à ses élus, qui crient vers lui jour et nuit ? » En ce sens la parabole rejoint les exhortations de Paul de prier sans cesse. (I Th. V 17)

Comment ne pas se rappeler ce merveilleux petit livre «  Le récit du pèlerin russe » connu tardivement en France. Le pèlerin recherche obstinément un starets  qui va lui enseigner comment prier sans cesse. Et ayant trouvé cet homme de grâce, il part  sur la route avec ce trésor. A partir de ce moment toute sa vie est changée. Ces relations sont transformées et il voit toute la nature avec émerveillement.

Mais pour nous n’est-ce  pas une utopie dans cette vie moderne truffée de sollicitations de toutes sortes ? Bien sûr que nous n’arrivons pas à prier longuement le matin et le soir. Mais gardons le désir de prier,  de prier sans cesse. Saint Augustin dira que le désir de Dieu est déjà une prière. Mais nous pouvons parfois expérimenter cette prière continue dans des marches où nous rythmons notre prière à nos pas. « Seigneur Jésus, prends pitié de nous » A notre tour nous redécouvrons la création avec émerveillement et reconnaissance.

Et je voudrais terminer par Gandhi  qui dans sa vie  hyper bousculée « à mis sa tête sur les genoux de Dieu » ?  C’est son expression !

« Je ne suis pas un homme de lettres ou de sciences, j’essaie simplement d’être une homme de prière. C’est la prière qui a sauvé ma vie. Sans la prière, j’aurais perdu la raison. Si je n’ai pas perdu la paix de l’âme  malgré toutes les épreuves, c’est que cette paix vient de la prière. On peut vivre  quelques  jours sans manger, mais non sans prier. »  

Seigneur, apprends-moi, comme Gandhi, à faire de ma vie une prière !

Frère Max de Wasseige

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