Homélie du 28 août, 22ème dimanche du Temps Ordinaire – Année C

VOYEZ FRERES L’HUMILITE DE DIEU !

« Mon fils, accomplis toute chose dans l’humilité

et tu seras aimé plus qu’un bienfaiteur.

Plus tu es grand, plus il faut t’abaisser :

tu trouveras grâce dans le Seigneur.

Grande est la puissance du Seigneur,

et les humbles lui rendent gloire.

La condition de l’orgueilleux est sans remède

car la racine du mal est en lui.

Qui est censé médite les maximes de la sagesse ;

l’idéal du sage, c’est une oreille qui écoute. » (Ben Sira le Sage 3)

Ben Sira le sage, très influencé par la philosophie grecque, nous donne les clés d’une vie bonne, une vie en harmonie avec soi, avec les autres et avec Dieu. La clé de voute de la sagesse, nous dit ce passage, c’est l’humilité.

Mais qu’est-ce que l’humilité ? Ce petit passage nous dit que le contraire de l’humilité, c’est l’orgueil. L’orgueilleux a un égo surdimensionné. Il considère sa vie mais aussi toutes ses relations en fonction de son petit moi. Il vit dans un monde clôt sur lui-même, auto-référentiel.

C’est vrai de nos relations interpersonnelles, mais aussi entre groupes, entre Etats. De quelle arrogance notre Eglise n’a-t-elle pas fait preuve en allant « convertir » ces pauvres indigènes à la religion dévoyée ? Avait-on seulement tenté de les écouter, de les comprendre ? N’est-ce pas la même arrogance qui s’exprime quand un Etat, au nom d’une prétendue supériorité culturelle, se fait le gendarme du monde, intervenant par la force dans un autre Etat ? Une telle attitude, nous le savons, laisse des blessures durables dans les cœurs, une humiliation qui, tôt ou tard, cherchera à se venger.

Mais c’est vrai aussi de notre relation au monde créé, à la terre. Durant des millénaires, l’homme a vécu en osmose avec la terre, apprenant à l’écouter, à l’apprivoiser. L’essor très rapide de la technique mais aussi de la chimie a fait croire à l’homme qu’il régnait désormais en maître, que la terre n’avait qu’à se soumettre. Il s’aperçoit aujourd’hui, mais il est bien tard, que ce faisant, il se déconnectait de lui-même, de ses racines. Le mot humilité ne vient-il pas du mot humus, la terre ?

L’humble a une oreille qui écoute. Être, humble c’est ne pas oublier d’où l’on vient. Savoir que tout est don : ce que j’ai et ce que je suis. « Qu’ai-je que je n’ai reçu ? » Loin de nous rabaisser, l’humilité nous ouvre à notre vocation profonde : être miroir du Père qui nous a façonnés à son image, être à son écoute afin de lui ressembler chaque jour davantage.

Tout cela pourrait paraître bien abstrait si Jésus ne l’avait pas vécu. « Venez à moi, vous tous qui ployez sous le poids du fardeau et je vous procurerai le repos ; car je suis doux et humble de cœur. » Si nous voulons comprendre ce qu’est l’humilité, il nous faut donc contempler Jésus, lui qui est doux et humble de cœur. De la pauvreté d’une crèche à la nudité de la croix, Jésus choisit toujours la dernière place. Et en guise de testament, il nous lègue le lavement des pieds. « Si moi, le Seigneur et le maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, faites de même. » C’est un choix qui bouleverse toutes les relations. « Ayez assez d’humilité, écrit saint Paul, pour considérer les autres supérieurs à vous-même… Comme Jésus. » Jésus me considère donc supérieur à lui ?

Il n’y a pas une once d’arrogance dans la manière dont Jésus vit les relations, ni même de paternalisme. Les plus pauvres reconnaissent en lui un frère ; un frère qui leur dévoile la véritable identité du Père, humble et miséricordieux. Jésus a définitivement renoncé à la logique des puissants pour risquer, désarmé, des relations vraies, sans masque. Il refuse de savoir à la place des autres ce qui est bon pour eux. Au contraire, il leur demande : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? »

C’est ce Dieu-là que saint François a rencontré, lui qui s’exclame : « Voyez, frères, l’humilité de Dieu ! » C’est pourquoi, à la suite de Jésus, il choisit de vivre pauvre et humble et il demande à ses frères d’être des « frères mineurs », semblables à Jésus.

François nous lègue une vocation à la fois merveilleuse et impossible : qui peut se prétendre « vrai » frère mineur ? Qui peut s’enorgueillir de vivre l’humilité à la manière de Jésus ? François lui-même, la veille de sa mort disait à ses frères : « Frères, commençons, car jusqu’alors c’est à peine si nous avons commencé à faire quelque chose. » Demandons cette grâce d’être renouvelés dans notre vocation de vivre l’Evangile à la manière de Jésus, pauvre et humble de cœur.

Frère Nicolas Morin

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