Homélie du dimanche 13 août 2023, 19ème dimanche du Temps Ordinaire – Année A

La brise légère

Ce dimanche je voudrais rester sur la première lecture, le beau texte du livre des Rois. Car il nous parle de violence, et elle n’a pas malheureusement disparue dans notre monde d’aujourd’hui. Mais après cette violence le texte se terminera par la douceur de Yahvé.

Pour bien apprécier la force de ce texte, il faut le situer dans l’histoire  d’Elie, ce prophète ardent qui défendit avec fougue la divinité de Yahvé contre toute espèce d’idolâtrie. Or, pour la plus grande honte du prophète, la reine  Jézabelavait introduit à la cour de nombreux prêtres de Baal : 400 prêtres de ce culte idolâtre  paradaient au palais et prétendaient désormais que Baal est le  vrai Dieu de la fertilité, de la pluie, de la foudre et du vent.

Elie ne pouvait que défendre l’honneur de son Dieu, face à cette paganisation croissante. Il convoqua les prêtres de Baal en leur disant d’offrir à leur dieu un sacrifice. Mais le feu de Yahvé ne tomba pas sur le bûcher  des prêtres de Baal mais sur celui du prophète. Fort de ce succès Elie « égorgea » tous les prêtres de Baal ! Ce n’est pas ce qu’il a fait de mieux, mais nous sommes encore dans l’Ancien Testament et Jésus doux et humble de cœurn’est pas encore arrivé.

Mais Elie a du fuir la vengeance de la reine Jézabel. Il marcha dans le désert et même souhaita mourir, lui le fort dans la défense de Yahvé !  « Yahvé ! Prends ma vie, car je ne suis pas meilleur que mes pères ». Découragé,  peut-être culpabilisé par ce qu’il avait fait, je ne sais. Toujours est-il,  qu’à certains moments de nos vies nous pouvons passer par les mêmes sentiments. On était parti fort de ce que l’on allait faire, meilleurs que les autres et un jour nous rencontrons l’échec et le découragement.

Mais dans ces moments nous pouvons rencontrer comme Elie un ange qui nous dira « ne reste pas là, lève-toi et mange ».Heureux ceux qui ont fait l’expérience de cette rencontre parfois insolite mais combien réconfortante ! Et soutenu par cette nourriture Elie marcha quarante jours et quarante nuits jusqu’à la montagne de l’Horeb.

Et là Elie apprendra deux choses : Dieu n’aime pas la violence. Saint François l’avait compris. Et malheureusement pas le grand Saint Bernard qui disait que tuer un musulman n’est pas un homicide mais un malicide !Et la seconde chose: Dieu est douceur.Mais c’est au bout d’une longue marche que Dieu l’attendait. Il lui aurait fallu ce long chemin pour s’apercevoir qu’il s’était trompé de Dieu. Elie entra dans une grotte, lieu de renaissance et de conversion. Et loin du vacarme, le Seigneur lui parla : « Pourquoi es-tu ici,  Elie ? » Cela rappelle Yahvé qui se promène dans le jardin et qui interroge Adam : « Où es-tu ? ».

Et à la réponse d’Elie qui se dit « rempli d’un zèle jaloux pour le Dieu des puissances ». Mais en même temps avoue l’échec de sa mission. Alors se passe une scène déconcertante qui va faire exploser tous les schémas qu’Elie avait sur Dieu: Yahvé passa et il y eu un terrible ouragan, mais il n’était pas dans  l’ouragan.  Un tremblement de terre, mais Dieu n’était pas dans le tremblement de terre. Et après le tremblement un feu, mais Dieu n’était pas dans le feu. Mais où est-il Dieu ? Dans le murmure d’une brise légère !Elie va découvrir que la foi en Dieu n’est pas une bourrasque de vent mais caresse de la brise.

N’est-ce pas la même scène déconcertante dont nous parle l’Evangile de ce jour. Parfois notre vie est semblable à la barque de Pierre traversant la tempête. Une épreuve inattendue, un deuil, une maladie, un échec et nous voilà submergés. Nous sommes comme Pierre s’enfonçant dans les eaux. Mais le Christ, comme une brise  légère, nous saisi par la main et nous dit :

« Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? »

Frère Max de Wasseige

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