Homélie du dimanche 21 avril 2024, 4ème Dimanche de Pâques année B, du frère José Kohler

LE BON BERGER.

Nous continuons d’accueillir le Mystère de Pâques dans nos vies.

Aujourd’hui encore Bonne Nouvelle :

Jésus, Celui qui a été condamné injustement est devenu la Pierre d’Angle, Celui qui assure la cohésion de la nouvelle communauté chrétienne. C’est en son Nom qu’ont été affermis les pieds de l’infirme du Temple de Jérusalem.

Jésus, Celui qui est mort apparemment réprouvé par son Père est devenu Celui en qui nous devenons Enfants de Dieu, enfants appelés à grandir dans cet amour.

Jésus,dont le troupeau a été dispersé au pied de la croix est devenu Celui qui est notre bon berger, notre vrai berger, il nous conduit sur les chemins de la vie.

La personne du berger est très présente dans l’histoire du Peuple de Dieu.Pas le berger de petite pâture ou le berger de salon, mais le berger d’altitude ou le berger des grands espaces. Il doit savoir trouver les bons herbages, connaître les points d’eau. Il est lié à son troupeau et doit pouvoir le défendre contre ses prédateurs, hommes ou bêtes sauvages. Il doit vouloir risquer sa vie pour lui.

Il est lié à son troupeau, il connaît ses bêtes une à une, il les connaît par leur nom. Il les appelle et elles reconnaissent sa voix. Il n’est pas comme les bergers mercenaires qui abandonnent le troupeau au premier danger ; qui utilisent le troupeau pour eux-mêmes et ne se mettent pas à son service pour le défendre…

Il faudrait relire le prophète Ezechiel au chapitre 34 qui parle des mauvais bergers d’Israël :

« Malheur aux bergers d’Israël qui se paissent eux-mêmes ! N’est-ce pas le troupeau que les bergers doivent paître ? Vous mangez la graisse, vous vous revêtez de la toison, sacrifiant les bêtes grasses ; mais le troupeau vous ne le paissez pas. Vous n’avez pas fortifié les bêtes faibles, vous n’avez pas guéri celle qui était malade, vous n’avez pas fait de bandage à celle qui avait une patte cassée, vous n’avez pas ramené celle qui s’écartait, vous n’avez pas recherché celle qui était perdue, mais vous exercez votre autorité par la violence et l’oppression. Les bêtes se sont dispersées faute de berger, et elles ont servi de proie à toutes les bêtes sauvages et elles se sont dispersées… »

Jésus lui est « le bon pasteur, le vrai berger qui donne sa vie pour ses brebis. » les brebis ne lui sont pas étrangères, elles ne sont pas un troupeau anonyme : « Je connais mes brebis et les brebis me connaissent. » Une véritable relation se tisse, une relation « intime » semblable à la relation qui unit le Père et le Fils. Relation d’affection, d’amour profond, relation éminemment personnelle et respectueuse du chemin de chacun.

Cette relation du berger avec ses brebis n’enferme pas les brebis sur la personne du berger. C’est une relation ouverte, qui rassemble, qui crée une véritable communion. Cette relation, cet amour est ouvert sur l’accueil d’autres personnes à venir. C’est un amour non sectaire, qui rassemble largement car l’amour du Père est pour tous ses enfants. Cet amour est ajusté à l’amour du Père, large comme l’amour du Père.

Jésus le vrai berger, le bon berger ne retient rien pour lui, il se donne tout entieret « c’est pour cela que le Père m’aime : parce que je donne ma vie ». Jésus aime dans le coeur du Père, dans l’Esprit Saint qui souffle largement sur le monde. « Je donne ma vie pour la recevoir de nouveau » Jésus se donne tout entier pour la vie du monde, pour que tout homme devienne un vivant dans l’amour du Père.

C’est ça le miracle de la pauvreté confiante, celui qui se donne tout entier reçoit en retour la vie tout entière, la vie en plénitude. C’est une nouvelle naissance qui est promise aux croyants de Pâques, ceux d’aujourd’hui et ceux qui sont à venir, ceux qui sont déjà dans le coeur de Dieu. Jésus est le berger de ce monde à venir, « Il est le premier -né d’une multitude de frères. » (Rom 8, 29)

Jésus demeure le seul berger véritable Celui qui nous conduit aux sources vives, aux herbes toujours verdoyantes, ce pâturage c’est le visage même du Père du ciel, qui illuminera notre propre visage. Mais nous aurons toujours besoin de participer à la mission de Jésus ; Des hommes, des femmes seront toujours appelés à le suivre dans cette mission, à annoncer la Bonne Nouvelle de l’Evangile, à ouvrir pour chacun ce chemin de vie, à accompagner les communautés et chaque personne sur ce chemin… Car le désir de Dieu manifesté en Jésus Christ c’est que nous marchions ensemble à la rencontre du Père. Que l’Esprit Saint suscite pour l’Église les pasteurs et les témoins dont elle a besoin aujourd’hui.

Frère José Kohler

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