Homélie du 13e Dimanche Ordinaire C

Homélie du 13e Dimanche Ordinaire C

La première lecture nous parle d’un personnage mystérieux le prophète Elie. Le Nouveau Testament en parle plusieurs fois et le livre de Rois en parle abondamment. Cependant Elie reste une figure mystérieuse et attachante : Tout à coup, Elie est là. Personne ne sait d’où il vient ; on ne connaît ni sa généalogie, ni ses origines. Et tout à coup il disparaît, enlevé au ciel sur un char de feu. Il passe comme une météorite qui tombe sur la terre, ravage le sol, puis disparaît. Telle une torche brûlante, il passe à travers le peuple, y met le feu, puis est introuvable.

 

Mais la rencontre entre Elie et Elisée est précédée par la fameuse bataille au Mont Carmel avec les prophètes de Baal. Car Elie, malgré ses peurs et ses découragements, est avant tout un lutteur qui se bat pour le Dieu unique et il infusera dans le cœur  du peuple le sens du Dieu unique et jaloux. Mais ce qui le rend proche de nous c’est sa fragilité. Après avoir combattu les prophètes de Baal avec la fougue et le feu qui est en lui, il se sauve, fuit sa mission et demande à Dieu de reprendre sa vie car il n’est pas meilleur que ses pères. Mais Dieu l’attendait dans sa fragilité. C’est alors qu’un ange le toucha et lui dit : «  Lève-toi   et mange ». Avec cette force d’en haut, il reprendra la route et pourra appelé Elisée à sa suite.

 

Ainsi Elie appelle Elisée à venir à sa suite en jetant vers lui son manteau. On pensait autrefois que les vêtements qui appartenaient à une personne sainte recelaient la force de celle-ci. Ainsi quand Antoine donne son manteau à l’évêque Athanase, ce dernier reçoit la force et la vertu de Saint Antoine. Pour Elisée, le manteau qu’il reçoit symbolise la mission de prophète. Elisée est pris en plein travail, il était derrière  la charrue, et il demande du temps pour faire ses adieux à ses parents, puis il sacrifie les bœufs avec lesquels il travaillait. Alors il se leva et partit à la suite d’Elie.

 

Jésus ira plus loin dans le don total à sa suite. Au disciple qui voulait seulement accomplir le devoir sacré d’un fils : enterrer son père, la réponse de Jésus paraît inacceptable : « Laisse les morts  enterrer les morts. » Et à l’autre disciple qui voulait d’abord faire ses adieux aux gens de sa maison, Jésus reprendra l’image de la charrue, qui fait penser à celle d’Elisée. « Quiconque met la main à la charrue, puis regarde en arrière, n’est pas digne pour le royaume des cieux. »  Cette phrase a tellement frappé Saint François qu’il la reprendra dans ses deux Règles pour l’accueil des postulants.  

 

Il est vrai que les réponses de Jésus sont sans appel. Et nous sommes tous loin de cette radicalité car nos réponses sont pleines de compromis et de retours en arrière. Mais Jésus nous montre le chemin, la direction, le sens que nous n’aurons jamais fini de comprendre et d’accueillir, surtout dans un monde où rien ne dure, que ce soit la fidélité à une parole donnée, ou tout simplement ce que nous nous sommes engagés dans notre chemin spirituel. . Car il faut toujours garder, contre vents et marées, ce que nous avons décidés dans les temps de lumière et de sérénité.

 

Mais revenons au prophète Elie car il reste très actuel et son message prépare à mieux comprendre la radicalité de Jésus. Elie est le prophète du Dieu unique. Voilà le secret de son être : Elie se tient dans la présence de Dieu. C’est le cœur de sa spiritualité. Comme un serviteur à la cour royale qui a le privilège de se tenir en présence du roi. Elie est lié à son Dieu. Il est jaloux de son Dieu. Il vit pour lui et pour lui seul. Il ne veut aucun compromis à cet égard.

 

N’avons-nous pas perdu quelque peu ce sens de l’unicité et de la grandeur de Dieu ?  Il est l’unique au- delà de tout, infiniment digne de respect dans sa majesté et sa grandeur. La présence de l’Islam dans nos régions, peut être sur certains aspects, une grâce pour les chrétiens. Car l’Islam a le sens de la grandeur et de l’unicité de Dieu. Car même s’il porte parfois le risque du fondamentalisme et d’un glissement vers un fanatisme inhumain, que l’on déplore tous, il affirme aussi le sens de la grandeur de Dieu.

Certes Dieu s’est fait proche en Jésus Christ, mais Dieu reste Dieu proche et en même temps inaccessible. Si la prédication de la proximité de Dieu , de sa bonté, de sa miséricorde ne s’accompagne pas  d’une annonce de sa grandeur nous dévaluons d’avance sa miséricorde. C’est le message d’Elie pour notre temps :

Dieu est et reste Dieu.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Gardien de la fraternité

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