HOMÉLIE DU 25ᵉ DIMANCHE DU T.O. ANNÉE C

HOMÉLIE DU 25ᵉ DIMANCHE DU T.O. ANNÉE C

HOMÉLIE DU 25ᵉ DIMANCHE DU T.O. ANNÉE C

Mes chers frères et sœurs, je n’ai pas l’habitude de parler de politique ni de militer activement pour certaines causes. J’ai eu la chance de côtoyer durant mes études et mon ministère des milieux très différents dans la sous-région ouest africaine et plus particulièrement dans mon pays le Togo.

Je viens d’un pays ou le pouvoir et l’argent se négocie dans des cercles d’amis où la corruption et les magouilles sont mis à contribution pour protéger les intérêts des pilleurs et les dictateurs.
J’ai vu la souffrance de tous ces jeunes qui n’en peuvent plus du chômage, à 30 ans on est encore à la charge des parents. Garni de diplômes on a droit quand on a de la chance d’être conducteur de taxi-moto ou gardien de nuit.
Mais tous savent qu’il y a une voie royale pour s’enrichir facilement et trouver du travail sans effort. Accepter troquer sa foi, sa morale, sa dignité pour rentrer ou se faire coopter dans des cercles de pouvoir, des cercles mystique et ésotérique. Pour ceux dont la conscience n’est encore polluée, ils n’ont d’autres solutions que de s’exiler. Ils vous viennent d’un peu partout et ont tous ont en commun un avenir obscurcit par des politiques et des dirigeants corrompus…
ils n’avaient que deux choix à faire s’ils voulaient vivre dignement : se corrompre au service des puissants ou tenter l’aventure, franchir la mer au risque de leur vie pour venir chercher une vie meilleure ici en occident.

Tous ceux que nous avons accueilli des années à travers la pastorale de notre frère Jacques, quant-il venait à moi, je n’avais qu’un seul conseil à leur donner : ici c’est pas l’eldorado, rentrer il y a un avenir chez vous.
Pourtant j’étais convaincu que je leur servais un mensonge.
Je suis resté à croire que le monde pouvait changer de lui-même. Qu’il faudrait laisser Dieu faire, et les choses allez d’elle-même car à la fin les méchants périront et les bons, les malheureux seront sauvé par Dieu.

Mes frères et sœurs, Je vous fais cette confidence pas parce que je veux condamner les uns et soutenir la cause des autres. C’est plutôt parce que j’ai compris que je me trompais et Les textes bibliques de ce jour le confirme: les puissants, les méchants, les mauvais, les pauvres comme les malheureux sont tous des enfants de Dieu. Même ceux qui conspirent contre l’église et contre Dieu, Lui leur veux du bien et si Dieu veux les sauver eux comme nous, alors nous devons changer nos regards envers tous.
Pour cela, nous devons faire connaitre à tous les Hommes que Dieu nous aime; il aime le bon comme le mauvais le riche comme le pauvre, le puissant comme le faible, le migrant comme l’autochtone, le nomade comme le sédentaire…
Si les hommes dans leurs malheurs peinent à reconnaitre l’amour de Dieu, s’ils ne vivent pas dans cet amour, alors ils sont tous prisonniers. Et nous le sommes vraiment. Prisonnier de l’argent, de la recherche de considération, de positions sociales, de reconnaissance, de pouvoir, de plaisirs…nous sommes prisonniers de tout cela. C’est pourquoi Jésus-Christ est venu nous en libéré. Il a payé pour nous la rançon pour nous libérer; et la rançon payée c’est sa vie. Alors mes frères et sœurs, il n’y a plus de condamnation, il n’y a plus de damné, il n’y a plus d’impie, il n’y a plus d’exclus, de gens en marge de la société…c’est la Bonne Nouvelle qu’il faut annoncer au monde. Dieu veut sauver tous les hommes, Dieu veut libérer toute la création de son esclavage.
Pour cela il nous missionne d’annoncer cette Bonne nouvelle partout; d’annoncer son projet à tous les hommes.

Il veut aussi que nous priions pour toutes les souffrances du monde, pour tous ses pays en guerre, pour tous ses jeunes en recherche, ses personnes âgées seules, pour les SDF, pour les chefs d’État et tous ceux qui exercent l’autorité: « afin que nous puissions mener notre vie dans la tranquillité et le calme, en toute piété et dignité. »

Nous avons à nous convertir et intercéder pour ceux qui ont des responsabilités mais aussi éviter de s’abonner aux compliments ni aux insultes.
Il ne s’agit pas ici de rester inactif face aux injustices, aux violences, à la corruption et aux malheurs qui nous entoure. Comme le dit bien l’Évangile, l’intérêt c’est de prendre en exemple l’habilité des « fils de ce monde » qui sont prêts pour défendre leur intérêt personnel et pour s’enrichir à se soutenir même dans le mal, à corrompre et à se faire des amis avec l’argent « trompeur »
De même pour nous « fils de lumière » le Christ voudrait qu’on soit habile à faire des amis avec l’argent malhonnête de tel manière que quand il viendra à manquer ses derniers nous accueille dans les demeures éternelles. Et ces amis en question c’est bien les pauvres et les malheureux, les exclus car à travers eux c’est le Christ qui est là.

Le Christ nous invite à plus de diligence en mettant autant d’énergie dans la pratique du partage que d’autres en mettent dans la poursuite de l’argent et du pouvoir. Le Christ nous dit que chaque fois que nous avons agi ainsi avec ceux qui sont dans le besoin, c’est à lui que nous l’avons fait.
La principale amitié à rechercher dans ce monde c’est donc celle de Dieu, car c’est elle qui nous permettra d’être accueilli au ciel un jour.

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Je suis originaire du Togo et franciscain. En communauté j’ai la charge de l’animation des jeunes et de la communication. Je suis aumônier des gens du voyage dans le diocèse de Besançon.

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