Homélie du 8ᵉ dimanche du temps ordinaire année C

Homélie du 8ᵉ dimanche du temps ordinaire année C

Homélie du 8ᵉ dimanche du temps ordinaire année C

Ce qu’il y a de beau dans ces lectures de ce dimanche c’est sans aucun doute les paroles de sagesse introduite par des proverbes et des paraboles.
Aujourd’hui face à notre société qui se déchristianise, et se replie sur elle-même, je pense humblement, que ce dont notre société a le plus besoin, aujourd’hui, c’est de la sagesse.
Jadis les sages on les retrouvait parmi les ainés, les vieux comme on dirait chez moi, parce que l’expérience, définie comme la somme des bêtises qu’on a faites dans notre vie, était considéré comme une composante essentielle dans l’acquisition de la sagesse.

De nos jours, avec le poids de l’âge, l’introduction dans le vocabulaire vulgaire d’expression comme « vieux con « et « vieux fou » en dit long sur l’état de la question. D’ailleurs on m’a toujours dit que les cheveux blancs n’étaient signes de sagesse. C’est qu’en même dommage pour nous autres.
C’est vrai qu’on peut vite se tromper et considérer des fous comme des sages, et aussi faire passer de vrais sages pour des fous. C’est ce qui arriva d’ailleurs à Jésus. Ses parents vinrent un jour le chercher parce qu’ils pensaient qu’il avait perdu la tête (Mc 3, 20-21).

Nos sages en Afrique disent que « Si vous voulez savoir la vérité, écoutez les fous. »
En réalité la vraie sagesse en l’homme est signe de la présence divine en lui.
Quand nous analysons la capacité de l’homme à s’autodétruire, nous pouvons rendre grâce à Dieu d’avoir suscité dans les siècles passés et encore aujourd’hui des guides et des sages pour son peuple. C’est l’histoire du salut dont le dernier épisode qui se joue depuis 2000 a commencé par le don de son Fils unique,
Par la mort et la résurrection du Christ nous avons reçu l’assurance éternelle que le Salut est à la portée désormais de tout Homme.

là où des chrétiens se conduisent en frère et sœur, on peut dire sans se tromper que le Salut est là.
Ce qui caractérise la sagesse chrétienne, ce n’est pas seulement l’amour du prochain (car pratiquement toutes les philosophies et sagesse de ce monde le prône) mais surtout l’amour de ceux qui sont différents de nous; de ceux qu’on appelle nos ennemis…Jésus nous demande d’avoir pour ses personnes de l’estime, de la bienveillance et de le manifester par des gestes et des paroles.
Rendons nous compte, nous les chrétiens, nous ne sommes pas meilleurs que les autres; ce qui doit nous distinguer c’est l’amour que nous sommes appelés à porter à ceux qui nous chagrinent, qui nous blessent…
Nous sommes les disciples d’une Sagesse particulière qui nous demande de tendre la joue gauche après qu’on nous eut frappé sur celle de droite.

D’autres paroles comme celle-ci, l’Évangile nous en sert trois principales ce dimanche:
« Un aveugle peut-il guider un autre aveugle ?>
Une invitation à saisir l’importance de savoir choisir son maître, pour ne pas prendre le risque de se perdre tous les deux.
Aujourd’hui des maitres on en trouve partout. Il faut juste jeter un regard dans les médias et réseaux sociaux ou encore les maitres du coaching dans les entreprises et organisations, sans oublier les gourous de tout acabit. On peut vraiment se perdre dans ce monde si notre discernement n’est pas affuté.
Pourtant le Christ nous enseigne: » je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au père que par moi. » Jean 14,6
Et parmi les chrétiens peu peuvent se vanter d’avoir atteint la taille adulte dans l’ordre de la vie chrétienne pour prétendre guider les autres à la pleine lumière de la foi.
Alors le disciple sachant qu’il n’est pas au-dessus du maitre doit se former pour être comme lui.
Pour cela il doit rechercher par-dessus tous à imiter le maitre pour devenir en tout point comme lui.

La deuxième parabole nous interroge sur notre jugement:
Qu’as-tu à regarder la paille dans l’œil de ton frère,
alors que la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas ?
Comment peux-tu dire à ton frère :
“Frère, laisse-moi enlever la paille qui est dans ton œil”,
alors que toi-même ne vois pas la poutre qui est dans le tien ?
Hypocrite ! Enlève d’abord la poutre de ton œil ;
alors tu verras clair pour enlever la paille qui est dans l’œil de ton frère.

Le sens profond à tirer de ce texte tien dans le fait qu’aujourd’hui nous avons perdu la capacité de nous évaluer nous même, de discerner les signes des temps, les œuvres de Dieu en nous et autour de nous et de regarder notre prochain en vérité. La règle à respecter ici c’est « qu’il faut être bon soi-même pour proposer à autrui une bonne conduite »
Un bon disciple du Christ doit savoir poser des actes en conformité avec sa foi.
Et aussi, on peut à la suite lire:
Un bon arbre ne donne pas de fruit pourri ;
jamais non plus un arbre qui pourrit ne donne de bon fruit.

Ainsi par son comportement et par les paroles qu’il prononce l’homme révèle ce qu’il est vraiment
Un indice utile pour discerner en tout temps

Que l’Eucharistie qui est action de grâce, pour tout ce que Dieu a fait dans nos vies, soit l’occasion pour nous de nous rappeler qu’il y a un Sage qui guide ce monde et son Église, un Dieu qui le maintien.

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Je suis originaire du Togo et franciscain. En communauté j’ai la charge de l’animation des jeunes et de la communication. Je suis aumônier des gens du voyage dans le diocèse de Besançon.

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