HOMÉLIE DU BAPTÊME DU SEIGNEUR ANNÉE C

HOMÉLIE DU BAPTÊME DU SEIGNEUR ANNÉE C

HOMÉLIE DU BAPTÊME DU SEIGNEUR ANNÉE C

Nous célébrons aujourd’hui le mystère du baptême de Jésus-Christ et c’est bien le mystère même de notre foi car tous c’est par le bain du baptême que nous sommes devenus enfants de Dieu et fils du très haut. C’est par le baptême que nous sont ouverte les voies du salut éternel et que nous sommes devenus une créature nouvelle en Dieu.
Aujourd’hui nous avons entendu comme le Christ dans l’Évangile la voix de Dieu qui réaffirme à chacun de nous personnellement que nous sommes désormais ses enfants « Toi, tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. ».

Ce Jour est l’aboutissement d’un long temps d’attente du peuple élu à qui les prophètes ont annoncé la venue d’un sauveur, d’un libérateur pour les soulager de leur peine et les rétablir dans leur dignité de fils bien aimé de Dieu; cette dignité qui a été souillée par le péché. C’est ce que témoigne Isaïe dans la première lecture:

« Consolez, consolez mon peuple,– dit votre Dieu – parlez au cœur de Jérusalem. Proclamez que son service est accompli, que son crime est expié, qu’elle a reçu de la main du Seigneur le double pour toutes ses fautes.… »

Le mérite du prophète Jean le Baptiste, c’est d’avoir su reconnaître en Jésus le Messie, l’envoyé du Père, le Christ annoncé:

« Moi, je vous baptise avec de l’eau ;
mais il vient, celui qui est plus fort que moi.
Je ne suis pas digne de dénouer la courroie de ses sandales.
Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. »

Le récit du baptême du Christ chez Luc paraît moins explicite que chez les trois autres évangélistes, mais il nous donne des renseignements importants sur cet évènement fondamental de notre foi chrétienne.

Premièrement chez Luc Jésus se fait baptiser dans l’anonymat avec le peuple de ceux qui venaient vers jean pour le baptême de conversion. C’est ce qui va étonner Jean dans les autres récits… Comment se fait-il que le libérateur du peuple de Dieu, le sauveur promis, celui qui est plus fort que lui, celui qui baptise dans l’Esprit Saint et qui juge le monde ; vienne à lui pour recevoir un baptême de conversion. Jésus n’a pas besoin de se convertir plus qu’il vient de Dieu et qu’il est le saint d’Israël.
En venant à Jean il manifeste ainsi sa solidarité avec tous les hommes pécheurs, avec toutes nos souffrances humaines et montre que tout homme pécheur peut être guérit et sauvé du péché, de la maladie et du Mal. D’ailleurs n’a-t-il pas dit «Je ne suis pas venu pour les bien portants mais pour les malades « Par son baptême Jésus manifeste son désir de sauver tous les hommes. En entrant dans le Jourdain, il assume cette mission reçue du Père de donner sa vie pour le salut du monde. Il sera ce serviteur souffrant dont parle Isaïe dans son quatrième oracle du serviteur souffrant (Is53, 1-12). Le baptême de Jésus est l’anticipation de sa pâque et l’annonce de notre salut.

Deuxièmement après son baptême, c’est en priant que Jésus reçoit l’Esprit Saint. Jésus prie au milieu du peuple en communiant à ses souffrances et à ses espérances. Et Dieu agrée cette façon de prier et l’expression qui le souligne c’est « le ciel s’ouvrit.» Quand le ciel s’ouvre, c’est le signe que Dieu nous écoute et est d’accord avec notre demande. Alors le Saint Esprit descend sur Jésus. Si notre prière est solidaire aux besoins du monde et de nos frères, Dieu agrée et nous accorde sa grâce. La prière est charité et est tourné vers l’autre.

La prière de Jésus nous révèle aussi un autre mystère, celui de la sainte Trinité. Quand le ciel s’ouvre, Dieu se manifeste pleinement. L’Esprit descend sur le Fils sous l’aspect d’une colombe et lui confère l’onction de Dieu et le Père témoigne à son sujet: « Toi, tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. ». L’esprit Saint c’est le don qu’on reçoit du père. Un don c’est un cadeau qui ne peut pas être possédé mais toujours à recevoir par l’intercession de notre prière.

C’est par le baptême que nous sommes rentrés dans la grande famille de Dieu, que nous avons été adoptés par Dieu comme fils et fille. Et ce statut nous a conféré une nouvelle existence en Dieu. Nous n’appartenons plus au monde, mais nous vivons dans le monde comme des enfants de Dieu vivants et remplis d’espérance pour notre salut qui est déjà acquis pour nous par le Christ.
En cette fête du baptême du Seigneur, rendons grâce pour tout ce que notre baptême a permit en nous jusqu’aujourd’hui. Mais reconnaissons aussi que nous avons encore du chemin à faire pour correspondre parfaitement à l’image de Dieu imprimé en nous par l’Esprit Saint. Œuvrons donc à l’école du Christ à rendre nos vies conformes à l’Évangile en  hommes humbles, foncièrement proches des gens, portant leur souffrance et leur espérance et les invitant à vivre de la joie de l’Évangile. C’est en témoignant ainsi du Christ auprès de nos frères que nous pourront faire grandir en nous l’homme nouveau.

Demandons donc la grâce de Dieu en ce jour, pour que par notre baptême nous soyons capables de répandre autour de nous l’amour de Dieu, sa tendresse et sa bonté.
Aussi que cette grâce nous aide à laisser de côté l’amour excessif de soi, nos rivalités pour construire un monde de paix autour de nous.

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Je suis originaire du Togo et franciscain. En communauté j’ai la charge de l’animation des jeunes et de la communication. Je suis aumônier des gens du voyage dans le diocèse de Besançon.

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