HOMELIE DU DIMANCHE DES RAMEAUX

HOMELIE DU DIMANCHE DES RAMEAUX

HOMELIE DU DIMANCHE DES RAMEAUX

 

Un dimanche des rameaux assez particulier, Pas de foule pour chanter « Hosana au plus haut des cieux, béni soit celui qui vient au nom du Seigneur. »

Pas de bénédiction non plus de rameaux et de buis pour cause de la pandémie du covid-19. Malgré tout nous disciple du Christ nous devons préparer la pâque du Seigneur. Avec ce dimanche s’ouvre devant la semaine sainte qui va nous conduire à Pâques. Pour ce dimanche des rameaux il nous est proposé de méditer la passion du Christ selon saint Mathieu. Le vendredi saint, nous lirons la version de cette même passion du Christ selon l’apôtre Jean.

En méditant et en contemplant cette passion du Christ, je veux partager ici mon souci pour toutes les victimes de cette pandémie qui nous laisse impuissant. Je pense également au corps médical, et à tous ceux qui de loin ou de près sont au front pour gagner cette guerre contre ce virus inattendu qui fait tant de malheurs et de désolation.

La peur nous gagne comme elle a gagné les disciples du Christ à la veille de sa passion. Tous nous risquons de chuter dans le désespoir.

En ce temps particulier, les disciples du Christ que nous sommes doivent avoir les yeux fixés vers le Maître, les oreilles attentives pour écouter ce que le Seigneur et maître veux donner comme message à ce monde.

Et ce message, le disciple doit pouvoir le porter au monde pour le soutenir dans ces moments de peines et de souffrance où tant de nos proches tombent malade, souffrent et meurt sans dire au revoir.

Notre parole c’est de relayer celle de Dieu qui demande de soutenir ceux qui sont malades épuisé, ceux qui peinent à soigner nos frères et sœurs au risque de leur vie. Ceux qui doivent sortir travailler dans ce moment de confinement en sachant que leur vie et celle de leur famille sont en danger.

Le Seigneur demande de consoler, de consoler mon peuple.

 

La Souffrance du Christ et la souffrance en générale, chers frères et sœurs est un mystère. Devant un tel mystère il est recommandé souvent de garder le silence.

 

Après la lecture de ce passage de l’évangile de saint Mathieu, mon mot de ce jour va juste consister à tirer quelques points essentiels que cet Évangile et les lectures qui la précèdent nous enseigne pour en tirer le message de Dieu à nous donné devant ce fléau.

 

D’abord jetons un coup d’œil sur l’attitude de Jésus sur le chemin de sa passion :

  • Il adopte la posture du serviteur qui est au Service de Dieu et de nous, les hommes. Il est soumis. Malgré son statut divin, il a préféré prendre la condition de serviteur, parce que c’était un sacrifice nécessaire, une coupe amère qu’il ne pouvait pas éviter parce qu’il tenait au salut des hommes, ses frères en humanité.
  • Jésus se laisse enseigner par son Père, il ne fait rien de Lui-même. Ce qu’il accompli, c’est ce qu’il a vu faire par le père. Et il ne fait que la volonté de ce dernier.
  • Il ne s’est pas rebellé contre la souffrance. Sa souffrance n’a pas pris le dessus sur lui. il a supporté tout et ne s’est dérobé à aucune souffrance qu’il jugeait permise par son Père.

 

Les souffrances de notre temps et de notre monde en général suscitent chez nous les hommes, angoisses et révoltes et posent surtout des questions révélatrices de notre condition humaine. Devant ces souffrances inacceptables que faut-il faire en tant que chrétien dans le monde ?

 

La souffrance du Serviteur et celle de Jésus-Christ nous enseigne que pour aider ceux qui souffrent, l’essentiel n’est pas dans le soulagement de la douleur mais plutôt dans cette force, cette grâce, ce recourt spirituel qui donne le courage nécessaire pour consacrer sa vie et son effort à quelque chose de plus précieux. C’est ainsi qu’on pourra comprendre aussi la souffrance des autres.

 

L’Évangile ne nous demande pas de nous muer en une délectation de la douleur ou de la souffrance mais de lutter de toute notre force contre toute souffrance qu’on peut vaincre et d’accompagner celle qui est « une messagère divine ». Notamment en jouant sur notre responsabilité les uns envers les autres.

Chaque personne doit porter en elle les souffrances, les soucis, les problèmes de plusieurs autres individus qui lui sont proches ou non.

La responsabilité est un devoir, celle de se substituer aux autres pour porter leur problème, leur travail, leur besoin. Jésus, lui n’avait pas la responsabilité d’une famille, d’une profession mais il était responsable et représentait l’humanité entière.

Il n’a pas vécu pour lui-même mais pour les autres. « Par sa vie entière son action et sa mort, il s’est substitué à nous. En lui, s’accomplit ce que les hommes devraient vivre, faire et souffrir »

Par contre la responsabilité peut mener à deux excès si elle n’est pas calquée sur Jésus-Christ.

Le premièr de ces excès est de « poser le moi en absolu », dans ce cas on aboutit à une tyrannie où l’on viole constamment le droit de ceux devant qui on est responsable.

Le deuxième excès à l’opposé du premier reviendrait à absolutiser le bonheur de l’autre au détriment du sien. Cela va contre la responsabilité que nous devons avoir envers soi-même et devant Dieu. La responsabilité est essentiellement interhumaine.

 

Mes frères et sœurs en Christ, un climat fait d’amour, de joie et de prière peut être aussi un bon remède contre les souffrances face au covid-19. Le moindre mouvement d’amour détruit le visage hideux de la souffrance et offre à tous ceux qui subissent le lourd fardeau de la souffrance et de la maladie de briser la chaîne infernale du Mal.

Et c’est dans la prière que cette bonté, cette bienveillance doit être demandée : « Quelqu’un parmi vous souffre-t-il? Qu’il prie » (Jc 5, 13).

 

Que cette semaine sainte, qui s’ouvrent devant nous, soit pour nous Chrétiens, une occasion de penser et de prier pour tous les souffrants de notre monde. Amen

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Je suis originaire du Togo et franciscain. En communauté j’ai la charge de l’animation des jeunes et de la communication. Je suis aumônier des gens du voyage dans le diocèse de Besançon.

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