LA CORRECTION FRATERNELLE

LA CORRECTION FRATERNELLE

 

Les lectures de ce dimanche nous invitent à être de bons jardiniers de nos communautés comme de nos familles, à veiller sur la qualité de nos relations. Le jardinier aime chaque plante de son jardin et il porte une attention particulière aux plus fragiles, parce qu’il ne veut en perdre aucune. Chacune a sa place, irremplaçable, dans le jardin.

Pour bien saisir le sens de l’évangile de ce dimanche, il faut le situer dans l’ensemble du chapitre 18 de saint Matthieu. Il y est tout d’abord question de l’accueil et de la place des plus petits dans la communauté, ceux que l’on sait plus fragiles, dont la foi risque plus facilement de vaciller. « Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits, dit Jésus : car je vous le dis, leurs anges aux cieux voient constamment la face de mon Père qui est aux cieux » (v. 10).

Puis Jésus raconte l’histoire de ce propriétaire de 100 brebis dont l’une vient à s’égarer. Il ne peut se résoudre à la perdre parce qu’il a foi en elle, il ne peut lui retirer son amour, elle a du prix à ses yeux. Alors il ne craint pas de laisser les 99 autres pour aller à la recherche de sa brebis égarée, jusqu’à ce qu’il l’ait retrouvée. Et Jésus de conclure : « Ainsi, on ne veut pas, chez votre Père qui est aux cieux, qu’un seul de ces petits ne se perde » (v. 14).

Mais si cela arrive, si l’un de ces petits en vient à s’égarer, à tomber dans le péché, c’est-à-dire à se couper de la communauté, de Dieu et finalement de lui-même, que faire ? Jésus nous invite à ne pas nous résigner, à ne pas accepter cet état de fait. Ce serait si facile de s’en laver les mains : c’est son problème, pas le mien ! Suis-je responsable de mon frère ?

Or, si j’aime profondément mon frère, ou mon enfant, je ne peux le voir s’égarer sans souffrir et sans avoir le désir de le voir retrouver le chemin de la vie. Mais comment le faire sans que cela paraisse intrusif, sans apparaître en donneur de leçons, et du coup bloquer toute relation ?

Jésus nous donne ici eux pistes, deux manières de faire :

  • La première est de vivre tout le processus dans la prière, la nôtre et celle de toute la communauté. Elle nous permet de prendre du recul, de vérifier que nous n’agissons pas sous l’effet de la colère ou du ressentiment. Nous nous laissons alors envoyer par le Père qui ne veut perdre aucun de ses enfants.
  • La deuxième attitude, si précieuse, à laquelle nous invite Jésus, c’est la délicatesse et la patience. Avant d’ameuter toute la communauté, ou la famille, va voir ton frère seul à seul, discrètement, afin de lui éviter de perdre la face. Ta douceur et ton humilité l’inviteront peut-être à ouvrir son cœur, à laisser tomber ses résistances.

S’il persiste dans son refus, demande à deux ou trois frères de la communauté de t’accompagner. Quand un frère s’égare, c’est toute la communauté qui souffre. Au nom de la communauté, nous venons lui redire qu’il a toute sa place parmi nous, que sans lui, le corps tout entier est comme amputé, meurtri.

« S’il refuse d’écouter la communauté, qu’il soit pour toi comme le païen et le publicain. » Cette phrase paraît dure si l’on ne comprend pas que ce n’est pas la communauté qui juge et exclut. La communauté prend simplement acte du refus du pécheur de renouer le fil de la relation. Elle ne cesse pourtant pas d’espérer son retour, le portant dans sa prière.

C’est dans ce contexte que Jésus étend à tous ses disciples le pouvoir qu’il avait d’abord délégué au seul apôtre Pierre : « Tout ce que vous lierez sur la terre sera tenu au ciel pour lié, et tout ce que vous délierez sur la terre sera tenu au ciel pour délié. » Je vous partage cette interprétation d’un pasteur protestant qui est venu me la partager à la fin d’une messe il y a quelques semaines : « Qu’est-ce qui est lié par les disciples, à la suite de Jésus, sinon le pouvoir du mal, du démon ? Le malin qui nous prenait dans ses griffes, nous tenait à sa merci, nous liait, se trouve piégé par le Christ et incapable de nuire. Dès lors, nous sommes libérés, déliés, et les portes du ciel s’ouvrent, une relation nouvelle avec le Père nous est offerte. »

 

Les franciscains de la chapelle des buis

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