itinérance

En mission itinérante franciscaine

Les origines

Au début de sa conversion, lorsque François entend, à la Portioncule, l’évangile de l’envoi en mission des disciples (Mt 10, 5-14), il en est à ce point retourné qu’il s’écrie : « C’est cela que je veux, c’est cela que je cherche, ce que je désire du plus profond de mon cœur »(1 Cel 22). Cet événement-clé a marqué toute sa vie au point qu’il a fait passer l’annonce de l’Évangile avant son désir de vie érémitique. Dès l’arrivée de trois compagnons, François forme deux groupes : Bernard et Égide prennent la direction de Saint-Jacques de Compostelle, François et le quatrième s’en vont dans la vallée de Rieti. Ce sera le début d’une vie itinérante qui ne cessera de se » développer. En 1209-1210, le pape Innocent III confirme leur forme de vie et les autorise à prêcher la pénitence au peuple. « François allait … par villes et hameaux, annonçant … le règne de Dieu, prêchant la paix, enseignant le salut et la pénitence pour le pardon des péchés » (1 Cel 36).

Itinérance et mendicité

L’originalité de François lorsqu’il retrouve la mobilité apostolique réside dans le fait que son itinérance intègre la mendicité. Nulle part dans les Écritures cette dernière n’apparaît explicitement et nous savons même que la bourse commune au Christ et aux apôtres était confiée à Judas. Mais la contemplation du Christ pauvre qui n’a pas où reposer sa tête et le dépouillement dont il fait preuve fera que François choisira la mendicité et la mentionnera même explicitement dans sa première règle, en la recommandant pour ses frères et pour lui-même :
Lorsqu’il le faudra, ils iront quêter en nature. Qu’ils n’aient point honte : qu’ils se rappellent plutôt que notre Seigneur Jésus-Christ, le Fils du Dieu vivant tout puissant, a rendu son visage dur comme pierre, sans rougir : qu’il fut pauvre et sans abri, qu’il a vécu d’aumônes, lui, et la bienheureuse Vierge, et ses disciples. Quand on leur ferait honte et qu’on leur refuserait l’aumône, ils devraient en rendre grâces à Dieu ; car de ces affronts, ils recevront grand honneur devant le tribunal de notre Seigneur Jésus-Christ. Qu’ils le sachent bien : l’affront fait tort non à ceux qui le souffrent, mais à ceux qui l’infligent. L’aumône est l’héritage et le droit des pauvres : notre Seigneur Jésus-Christ nous les a acquis. Les frères qui auront travaillé pour obtenir en échange ces aumônes recevront eux-mêmes une grande récompense, mais ils font aussi gagner et acquérir une grande récompense à ceux qui leur donnent ; car tout ce que les hommes doivent abandonner en quittant le monde disparaît à jamais ; mais, de la charité et des aumônes qu’ils auront faites, ils recevront du Seigneur la récompense. (1Reg 9,3-9)
La mendicité fait que les envoyés se retrouvent en situation de vulnérabilité et non de pouvoir, ce qui est ou devrait être un trait caractéristique de frères qui portent le nom de mineurs.

La joie de vivre l’itinérance

La rencontre dans la pauvreté nourrit la foi elle-même car il ne peut plus être question de s’appuyer sur ses propres biens mais sur la seule confiance en Dieu. Elle est donc une aide précieuse pour mettre Dieu au centre de notre vie.
Chaque année, des frères, parfois allié à des sœurs ou des laïcs, partent en mission itinérante dans diverses régions de France. La dernière mission eut lieu sur Lyon en décembre 2017.